
6 personnes maximum. Chaumière de mer.

Une journée idéale à TOULL TREAS
(En breton TOULL TREAS signifie « trou de sable »)
La soirée commence. La grande cheminée réchauffe autant les esprits que la chaumière. Nous, le petit peuple des sables, sirotons un whisky breton Eddu Silver (1). D’autres préfèrent un verre de vin blanc (2) ou un unique crémant de pomme « Royal Guillevic » estampillé Label Rouge (3). La douceur d’un whisky écossais Dalwhinnie 15 ans convient également bien à ce lieu. Alcools et vins ont été achetés chez « Adam » à Lannilis (4), des prix remarquablement bas.
Nous accompagnons ces liquides de quelques coques tièdes péchées au râteau devant la maison. Nous avons complété notre plateau de fruits de mer grâce à quelques achats de coquillages aux Viviers Bretons à Lilia. Il y avait aussi quelques bars de ligne bien raides, l’œil vif, bien frais quoi ! Et puis nous avons poussé un peu plus loin à Lannilis pour acheter du pain de tradition à la « Maison du Boulanger ». Je veux dire en cela du pain qui tienne plusieurs jours en bord de mer : le pain des Abers et le pain d’Autrefois chez Michel Izard (5). Avec du si bon pain, à la mie épaisse et grise, et un peu de beurre salé, c’est obligé : il faut des huîtres ! Alors direction « Prat ar Coum » chez Yvon Madec (6).
Les huitres creuses c’est tellement iodées que certains peuvent les trouver trop puissantes. Les plates, elles sont tout en finesses. Une grosse araignée mâle, cuite sur place dans les fours ultra rapides à vapeur, fera les frais de notre passage. Mais il ne faut pas oublier à côté de « Prat ar Coum », le plus petit vivier « Beg Ar Vir » et ses huîtres et coquillages. On pourra retrouver en dégustation ses huîtres à Paris, près de la Bastille (7).
Ce soir là, après les amuses bouches, on fait simple : galettes. Achetées fraîches il y a une heure à la crêperie « La Route du Phare ». On y va à pied. En passant par la côte, par le GR, on salut les deux magnifiques chevaux de traits breton qui se nourrissent des herbages de la dune.
En revenant, une brumisation d’iode (comprenez une rapide averse), mais l’odeur du blé noir des galettes prends le dessus. On réchauffe les galettes, on les garnis avec fromage râpé, jambon Label Rouge de chez Monique Ranou (supermarchés de Plougerneau) et d’un œuf : une « complète ». Beurre salé, tranche de tomate, au coin de la belle flambée, le bonheur n’est pas loin.
Ici il n’y a pas de télévision. La radio FM passe bien : France Culture, France Musique, Inter, Radio Classique. Les concerts en directs, au milieu du silence exceptionnel du lieu, prennent une toute autre dimension.
Et puis surtout il y a la radio locale, « Radio Neptune » : programme classique la journée, jazz la nuit. Un monument, Radio Neptune est une radio associative née à Brest en mars 1982, qui émet sur la fréquence 95 MHz à Brest. Une vraie radio sans publicité. (8)
La nuit fut calme, il y avait bien un peu de vent, mais la maison est dans un abri naturel, un « trou de sable » (Toull Treaz), qui nous protège.
Le matin, le tôt matin, est toujours un moment particulier en bord de mer, lorsque le temps est calme. C’est reposant, la mer d’huile.
Le rituel est assez immuable. On s’habille rapidement et on va prendre un bon café à Plouguerneau, au café Le Rallye. Avant on achète un « pastechou » la brioche locale dans l’une des deux boulangeries. Ensuite escale par la bien fournie Maison de la Presse. Un tour à l’Eglise, dedans : son calvaire et surtout ses « petits saints » en bois, finement réalisés. L’Eglise c’est une église bretonne en granit. Il y a une petite porte dérobée, sur le coté à l’avant. C’est que le bistrot n’est pas loin !
Les courses se font sur place ou alors à Lannilis : le mercredi il y a marché et quelques bons poissonniers et le gars qui vent ses truites fumées bio. Et puis il y a aussi le délicieux saumon bio de Ploudalmézeau. Ce midi là ce fut un splendide lieu jaune qui fit le déjeuner. Le café est accompagné d’un kouing amman de Madame Pérennou à Lannilis : du beurre salé, encore du beurre salé , du sucre et un peu de farine…
Début d’après midi, la mer est haute. Le vent permet une sortie en Zodiac, direction Landeda, l’Aber Wrac’h, on voit passer l’école de voile de l’UCPA, ses planches à voiles, ses catamarans, ses optimistes, ses dériveurs aussi…et puis les kayaks de mers (9). Petit tour autours du Phare de l’Ile Wrac’h (10) et ensuite direction le Phare de l’Ile Vierge, le plus haut phare en pierre d’Europe (intérieur tapissé d’Opaline).
On croise les deux bateaux à grues, les goémoniers et puis aussi un phoque qui s’est mis à l’abri. La mer d’Iroise, site protégé n’est pas loin. On peut voir toute l’année des phoques et des otaries, en grande quantité à Océanopolis à Brest (11). Il y a aussi quelques beaux requins …
Retour à la chaumière, nettoyage du bateau.
Petit tour en vélo le long de la côte.
Il fait encore bon à l’abri du vent. Nous profitons de la cours abritée, des transats, c’est l’avant soirée, on bouquine, on lit le journal, les magazines, on somnole.
Ici, comme en Ecosse et en Irlande, on a les quatre saisons dans chaque journée. C’est cela la générosité ! Ici les gris sont des couleurs infinies. Ici la marée dicte la bonne organisation de la journée. Ici l’air est iodé, extraordinairement iodé. Ici on se refait une santé. Ici il n’y a jamais, deux fois le même paysage marin.
Kenavo.
